
C’est en 2007 avec La Funeste Nuit d’Ernest que je découvrais le travail de Benjamin Lacombe. Le choix des points de vue des illustrations était original, le trait et les couleurs m’avaient accroché la rétine. Je me procurais donc ses précédents albums (l’attendrissant Cerise griotte et l’humoristique Destins de chiens) en surveillant avec attention depuis ce jour, la moindre de ses productions - ayant espérée dès le départ que l’artiste nous livre sa version d’un conte classique. C’est aujourd’hui chose faite avec cette nouvelle proposition de Blanche Neige, toute en finesse et en symboles.
L’héroïne au teint de neige, aux lèvres rouges et aux cheveux d’ébène prend vie sous le pinceau de B. Lacombe et adopte les traits purs et fins d’une poupée de porcelaine, ou parfois ceux d’une jeune fille à la Marc Ryden, comme dans l’illustration la dévoilant au lecteur où on la découvre accompagnée de colombes, symbole de pureté, de simplicité, de paix. La reine, quant à elle, toujours imbue de sa beauté se voit tantôt entourée de serpents, dans une illustration où le jeu de reflet et les reptiles rappellent la gorgone, tantôt transformée en paon orgueilleux emprisonnant sa rivale. Elle se voit enfin représentée en vieille femme à bec d’oiseau entourée d’une volée de corbeaux, le jour ou Blanche Neige croque la pomme empoisonnée. Mise sous verre par sept nains aux bonnets rouge et profils ridés, elle se réveille, dans une illustration finale en noir et blanc avec, en ce qui me concerne, un air plutôt effrayé.
Et qui ne le serait pas à la vue d’un inconnu fou d’amour qui veut vous emmener dans le château de son père pour vous épouser alors que vous venez de vous réveiller d’un cercueil ! Franchement, il y a fort à parier que dans telle situation bien peu d’entre nous sauteraient dans les bras du prince en lui disant amen ! Personnellement, j’opterai pour un grand cri d’épouvante, une claque, et l’option *course éperdue* pour retrouver mes potes les nains ! ^^ Bien évidemment, l’happy end est ici au rendez-vous, texte des frères Grimm oblige, et si j’aurais aimé que le conte se prolonge, c’est uniquement pour augmenter le nombre d’illustrations de cet album enchanteur où l’objet livre est aussi travaillé que le reste et rend la lecture encore plus agréable.
Ainsi les pages de gardes aux motifs de pommes et de corbeaux sur fond écarlate sont tout simplement superbes, tandis que la page de présentation où trône une pomme renfermant un visage est sobre et efficace. Feuilletez le tout en sentant le gros grain du papier sous vos doigts et le vernis sélectif de la couverture et vous redécouvrirez le conte de Blanche Neige version B. Lacombe : obscur, mystérieux et dangereusement envoutant.

- NOTATION
- INFORMATIONS
-Texte des frères Grimm traduit et adapté par Suzannz Kabok, illustré par Benjamin Lacombe.
-Hardcover, Milan Jeunesse, octobre 2010.
-44 pages.
-Illustrations et photographie © Benjamin Lacombe
- ARTICLES RELATIFS










Happy end pour Blanche-Neige, mais pas pour la belle-mère… qui l’a bien mérité !!!!
Je partage complètement votre avis, jusqu’à l’air effrayé de Blanche-Neige à son réveil : il faut dire que son prince à l’air un peu illuminé, il m’aurait fait peur à moi aussi ;)
Bonnes fêtes !