
L’hiver n’est pas encore à ma porte, les températures clémentes se maintiennent et parfois un rayon de soleil vient faire rougeoyer les feuilles d’automne, pourtant mes lectures appellent l’hiver de toutes leurs force -sortir emmitoufler dans une écharpe épaisse et sentir les flocons se déposer sur la peau… Il faut pourtant se méfier des baisers de l’hiver, mais qu’importe La Reine des Neiges revient inlassablement, de nouveau illustrée par un artiste extrêmement talentueux : P.J. Lynch.
Et cette fois encore le miroir maléfique du hobgoblin se brise, répandant ses fragments sur la terre ainsi que dans l’œil et le cœur de Kay que la Reine des Neiges emporte dans son palais de glace. Puis Gerda se lance à sa recherche croisant la route d’une vieille femme un peu sorcière et de son jardin fleuri, d’un prince et d’une princesse, d’une fille de brigand, d’une laponne et d’une finnoise qui lui viennent en aide.
Les visages prennent forme sous les pinceaux de Lynch de manière expressive, les paysages se teintent d’une atmosphère tantôt chaleureuse, tantôt sombre où les jeux de lumière sont parfaitement maitrisés. La Reine des Neiges magnifiquement représentée par des traits fins et gelés, semble lointaine sur son trône de glace : véritable incarnation de l’Hiver, détachée du monde des hommes. On sent en ces pages l’influence de Rackham, de Dulac et des beaux livres illustrés du XIXe siècle, la mise en page pourrait d’ailleurs rappeler ces derniers avec le texte serti d’un encadré très fin. Cependant je trouve que la répartition de celui-ci sur deux colonnes n’est pas adapté à un album illustré et casse l’esthétique tandis que l’insertion d’encadrés dans certaines images ne profite pas à la lecture graphique. Plus d’espace pour l’illustration et une organisation du texte moins condensé aurait été profitable pour rendre grâce aux merveilleuses peintures de Lynch et au chef d’œuvre d’Andersen.
- NOTATION
- INFORMATIONS
-Texte réécrit d’après la traduction anglaise originale de Caroline Peachey, illustré par P.J. Lynch
- Couverture cartonnée, Andersen Press. 1993
- 48 pages
- En anglais uniquement
Cette chronique a été réalisée à partir de cette ancienne édition, mais une nouvelle est parût en octobre 2009, toujours chez le même éditeur, avec une couverture souple, et une nouvelle mise en page.
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Dommage que la mise en page ne soit pas à la hauteur des sublimes illustrations de Lynch! Mais je pense que je me l’offrirais quand même un jour…
Cela ne m’a pas empêcher de rester scotchée devant les illus. Ce mec est un vrai Maître!