
Peut-être avez-vous déjà entendu parler des photos d’Elsie Wrigth et Frances Griffiths. Réalisées en 1920, ces clichés montraient l’une des jeunes filles en compagnie de fées ou de lutins gambadant dans le jardin du cottage de Cottingley ! Ayant déchainé les foules, cette histoire fût même le sujet d’une étude d’Arthur Conan Doyle, père du célèbre détective Sherlock Holmes, intitulée : Les Fées sont parmi nous. C’est sur cette même idée de photo ancienne réalisée ici par Angelica Cottington que débute le livre des fées séchées qui se trouve en fait être une sorte de journal intime ‘spécial fées’ de la jeune fille.
En effet, depuis son plus jeune âge Angelica voit les fées. Voulant prouver à son entourage que les créatures sont bien réelles, elle mettra au point une technique sauvage mais efficace afin de les capturer. Dans un claquement de pages, la voici qui refermera son livre sur les fées et gobelins qui la poursuivront de sa tendre enfance jusqu’à l’âge adulte. Si les premiers temps, le jeu semble sans conséquence, il s’avère que bien vite, les fées prennent le contrôle de la vie d’Angelica et lui font dire et faire des choses peu catholiques !

Illustré par le maitre en Féerie Brian Froud, ce livre ressemble à un vieux grimoire parcheminé, un herbier fabuleux qui se contemple autant qu’il se lit. Les aquarelles de Froud, réalisées de manière à faire penser que les fées se sont retrouvées coincées entre les pages sont justes étonnantes et drôles. Les créatures capturées sont colorées et contrefaites et c’est ce qui fait leur charme ! De plus l’image naïves et réservées de fées clochettes se voit mise à mal par le caractère de plus en plus lubrique des tourmenteuses d’Angelica. Ainsi, la timidité laisse peu à peu la place à la provocation entrainant des pages scellées où s’exprime avec humour la nudité féerique !
Vous l’aurez compris, ce livre est une bouffée d’humour et de fraicheur qui se laisse lire et relire sans perdre de saveur.
- NOTE
- INFORMATIONS
-Illustration de Brian Froud et textes de Terry Jones. Jean Moritz pour la traduction française.
-Harcover, Glénat. Juin 1995
-150 pages
- ARTICLES RELATIFS







