Buch der Balladen, Faun

par Magali

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Faun, groupe de folk médiéval allemand, nous revient avec un album acoustique : Buch der Balladen. Le titre donne le ton, ce disque comprend uniquement des ballades. L’artwork reprend aussi ce titre car il est présenté comme un livre et superbement décoré de dessins à la manière de gravures sur bois, avec une illustration de couverture signée John Bauer (artiste du XIXe siècle).

Faun reprend des ballades médiévales et d’autres datant du XIXe siècle. Le groupe utilise exclusivement des instruments acoustiques, afin de retrouver l’atmosphère qui régnait lorsque des musiciens jouaient pour un seigneur, le feu crépitant dans la cheminée. Les voix féminines, pleines d’harmonie, contribuent à donner l’impression d’avoir glissé hors du temps. De la sereine et joyeuse Jahrtausendalt qui donne envie de danser à la solennelle Sigurlied, ces ballades nous entraînent sans peine dans les histoires qu’elles racontent.

Tous les textes sont adaptés et chantés en allemand, mais Faun a pensé à ses auditeurs non-germanophones : les paroles sont traduites en anglais dans le livret, ainsi que les paragraphes d’introduction. Les musiciens apprécieront également d’y retrouver les tablatures et partitions.

Les histoires que racontent les chansons proviennent d’horizons différents et sont empreintes de féerie. Ainsi, on retrouve du folklore germanique, tel Der Wilde Wasserman où une fille de roi est enlevée par un triton qui lui fait sept enfants, ballade écossaise avec Herr Heinerich où un chevalier croise des esprits de la nature, ou encore les îles Féroé avec Sigurdlied et Brynhildur Táttur. A noter que cette dernière est chantée par Anna Katrin Egilstrøð, du groupe danois Valravn. Anna est originaire des îles Féroé et connaît très bien la mélodie de ce texte du XIVe siècle, issu d’un ensemble de chansons qui possèdent des similitudes avec l’Edda et les Nibelungen. Anna chante a capella, accompagnée du seul chant des mouettes et du bruit des vagues.

Enfin, Faun a mis en musique le magnifique poème La Belle Dame sans Merci de John Keats. Oliver s.Tyr chante tantôt avec émerveillement, figurant le chevalier ensorcelé, tantôt avec une poignante et triste résolution, quand le chevalier prend conscience de son sort. Une bien belle chanson qui achève cette série de non moins belles ballades.

  • NOTATION
  • INFORMATIONS
    - Faun : Oliver s.Tyr (chant, bouzouki, mandocelle, harpe celtique, nyckelharpa, guitare, guimbarde, monocorde) , Sandra Elflein (chant, violon, vielle à roue), Fiona Rüggeberg (chants, flûtes, flûtes irlandaises, hammered dulcimer, cornemuse, fujara, psaltérion), Rüdiger Maul (tambours sur cadre, riqq, tombak, davul, tambour en gobelet, shaker), Niel Mitra (homeopathie)
    - Banshee records, novembre 2009
    - Disponible sur le site de Prikosnovenie
    – Le site de Faun : www.faune.de

Publié le 16 décembre 2009

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