
“Reverie” est le second album du groupe de musique médiévale, folklorique et darkwave qu’est Trobar de Morte. Cet opus a bénéficié pour son artwork du pinceau de Victoria Francès, connue pour ses illustrations de type gothique-romantique. De ce fait, les ambiances de ces images sont très imprégnées par cette noirceur et les rares fées présentes ne se démarquent des vampiresses habituelles de Victoria que par leurs paires d’ailes et le lierre dans leurs cheveux.
Si ces illustrations sont fort belles, elles sont regrettables dans le sens où elles donnent un préjugé à l’auditeur dont le premier contact avec le CD est visuel. Car si la musique de Trobar de Morte a parfois des allures funèbres, elle est avant tout médiévale, folklorique et féerique. Pas grand-chose à voir avec l’imagerie de sombre romantisme véhiculée, donc.
Venons-en alors au principal : la musique ! Trobar de Morte étant une formation espagnole, on ne s’étonnera pas de trouver des titres chantés dans cette langue, accompagnés d’autres titres en anglais ou instrumentaux. Un morceau est en latin, il s’agit d’une reprise du Tempus Fugit extrait de Carmina Burana, poèmes datant du Moyen-Age et connus pour avoir été mis en musique par Carl Orff au début du XXe siècle.
Le disque s’intitule « Reverie ». Il se divise en trois chapitres distincts sur le livret, liés aux rêves. Si, musicalement, on ne perçoit aucune différence dans le passage entre ces trois parties, le contenu des textes, lui, en tient compte. En premier lieu nous découvrons les « Never Ending Dreams », fort court (les rêves éternels seraient-ils si rares ?) où l’on chante la harpe de Dagda, les gnomes et, de façon fort belle, gaie et solennelle à la fois, la magie présente partout dans la nature pour peu que l’on sache y regarder (Secret People). Nous passons ensuite aux « Ancient Dreams ». La partie est cette fois beaucoup plus fournie ! La fête de Yule est célébrée dans un morceau magnifique. La voix majestueuse de la chanteuse mêlé au lent tempo sont très appréciables. Calling the Rain et The Song of the Stones offrent également deux belles prestations. Le premier évoque la douceur et la mélancolie de la pluie qui tombe, soulignés par des effets musicaux imitant un tonnerre léger. Le second est empli de sérénité et invite à renouer avec la terre, son essence minérale. La troisième partie du disque est aussi courte que la première. Les « Dreams from the Middleages » nous baladent d’abord en Orient, avec un morceau instrumental aux sonorités évocatrices des nuits arabes. Un titre qui rappelle non seulement les Mille et une nuits, mais aussi l’époque médiévale où l’Espagne était principalement sous domination musulmane, certaines régions de ce pays gardant encore aujourd’hui les traces de la cohabitation passée des deux cultures. Puis on nous ramène en terre celte, avec notamment un Excalibur chanté en espagnol et qui conte, avec majesté, l’histoire de la légendaire épée.
Au final, « Reverie » porte bien son nom. Trobar de Morte nous berce et nous enlève auprès d’anciennes déités, des esprits de la nature et nous fait voyager dans le passé. Le seul reproche que j’aurai à leur faire serait peut-être le manque de distinction sonore, les belles mélodies devenant répétitives à la longue. A écouter avec modération, pour ne pas s’en lasser.
- NOTATION(3.5)
- INFORMATIONS
- Trobar de Morte : Lady Morte (chant, cloches, flûtes et tambourins), Lenna (guitares), Arianne (chant, cloches et tambourins), Armand (basse, darabuka et tambours)
- Illustrations du livret par Victoria Francès
- In the Morningside Records, 2006
- Epuisé, indisponible - LIENS
- La page Myspace de Trobar de Morte : www.myspace.com/trobardemorte
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L’album n’est pas si épuisé que cela puisque je viens de l’acquérir. Il faut juste chercher un peu. Les autres créations de ce groupe me donnent par contre plus de difficulté.
Épuisé signifie qu’il n’est plus édité et a peu de chance d’être distribué par les pourvoyeurs de musique habituels, pas qu’on ne peut pas le trouver. En cherchant bien en effet :)