Labyrinthe, Jim Henson

par Magali

Labyrinthe, Jim Henson

Sarah est une adolescente rêveuse qui aime à se réfugier dans un monde imaginaire, pétri des contes de fées qu’elle adore lire. Mais ses parents lui demandent de garder son tout jeune frère Toby. Excédée autant par ce rôle de baby-sitter que par les pleurs du petit, elle émet le souhait qu’il soit emporté par les gobelins. Mais son voeu est entendu et le roi des Gobelins en personne emmène l’enfant. Réalisant ce qu’elle vient de faire, Sarah décide d’aller chercher Toby. Le roi lui donne treize heures pour parvenir au bout du labyrinthe qui conduit à son château, sans quoi il fera du garçonnet l’un des siens.

Voilà le scénario de ce film de Jim Henson, réalisateur mais aussi marionnettiste mondialement connu pour avoir créé le Muppet Show. Labyrinthe n’est pas sa première incursion dans la fantasy, ayant auparavant réalisé Dark Crystal (1982) avec entre autres Brian et Wendy Froud pour la conception et la fabrication des créatures. Pour la petite histoire, le couple Froud s’était rencontré sur le tournage de Dark Crystal et se retrouve, toujours pour la conception et la fabrication de personnages, sur les plateaux de Labyrinthe mais en tant que mari et femme. Leur fils, Toby, n’est autre que le bambin enlevé par le roi des Gobelins !

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Qui dit Froud dans l’équipe artistique, dit moultes créatures espiègles, parfois dangereuses, souvent drôles par leur bêtise. Des gobelins en pagaille abondent dans le film, de toutes sortes ! Mais ils ne sont pas les seuls êtres fantastiques à errer dans le labyrinthe que doit parcourir Sarah. On y trouve aussi un nain dont le passe-temps consiste à asperger de petites fées ailées d’un produit insecticide, des bestioles à fourrures qui adorent danser et séparer leurs têtes de leurs corps, un gros monstre placide en quête d’amis, un petit renard courageux chevauchant un gros chien peureux, une chenille parlante… Un bestiaire féerique (ou plutôt gobelinesque) des plus plaisants et c’est là l’un des points forts du film. L’autre, c’est la réalisation de ces créatures, très soignée, qui permet d’admirer le savoir-faire de marionnettiste de l’équipe de Henson.

En revanche, le choix de David Bowie pour incarner le roi des Gobelins laisse dubitatif. Outre les quelques chansons typiquement années 80 qui émaillent le film à la manière d’une comédie musicale, la présence de Bowie donne la fausse impression d’un film-hommage à la star. S’il sait se montrer cruel et faussement généreux, à la fois redoutable envers Sarah tout autant que fasciné par elle, le personnage s’efface trop souvent derrière la célébrité de son acteur.

Par ailleurs, le manque de profondeur du scénario empêche ce divertissement soigné de devenir un chef-d’oeuvre marquant. Le parcours de Sarah dans le labyrinthe lui permet de passer du statut de grande soeur détestant son petit frère à celui de grande soeur responsable. Quant à son attrait pour l’imaginaire, il demeure le même de bout en bout. Les spectateurs attentifs noteront que les éléments présents dans la chambre de la jeune fille se retrouvent tous dans le monde du roi des Gobelins, laissant ainsi penser que toutes ces aventures n’étaient qu’imaginaires. Mais la fin du film va à la fois à l’encontre et dans le sens de cette hypothèse, se terminant en queue de poisson.

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Les amateurs de contes seront par contre ravis du respect de certains codes propres aux contes dans le film, comme la fausseté des apparences ou le fait que les questions doivent être formulées d’une certaine façon pour obtenir la réponse que l’on souhaite. Sans oublier le voeu initial qui sera réalisé au pied de la lettre. On notera aussi des références aux contes de fées lus par Sarah, à savoir Blanche-Neige (le roi des Gobelins lui offre une pomme empoisonnée), Alice au pays des merveilles (le petit ver parlant qui ressemble plus à une chenille qu’à un vers, les diverses chutes, les gardiens de porte en forme de cartes).

Au final, Labyrinthe est un film à éviter si l’on est réfractaire à David Bowie mais agréable à regarder pour sa galerie de créatures hautes en couleur et fort bien réalisées. Un livre édité par Brian Froud et Terry Jones (le scénariste du film) permet d’en savoir plus sur elles : La Bible des gnomes et farfadets. On regrettera d’autant plus la trop grande simplicité de l’histoire devant la richesse d’imagination déployée dans la conception de ces créatures.

  • NOTATION
  • INFORMATIONS
    - Réalisé par Jim Henson
    - Scénario de Jim Henson, Terry Jones et Dennis Lee
    - Columbia TriStar Film, Lucasfilm et Henson Associates, 1986, Etats-Unis et Royaume-Uni
    - 1h36
    - Avec : Jennifer Connelly, David Bowie, Toby Froud

Publié le 05 octobre 2011

Un commentaire pour cet article :
  1. Je l’avais beaucoup aimé à sa sortie, je l’ai revu récemment et j’ai trouvé qu’il avait vieilli, mais pour moi, Bowie est un gros plus ! Au-delà de la rock star, c’est un excellent acteur (à voir aussi Les Prédateurs ou Furyo). AMHA.

  2. Lucie le 6 octobre 2011
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La Rédaction

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