
Comme nous disait Anne dans un ancien billet, nous attendions avec curiosité mais non sans appréhension, la sortie de cette nouvelle version du Chaperon Rouge, conte universel qui reste cependant plus connu dans sa version épurée et moralisée de Perrault. On nous avait promis une version plus noire et plus gothique, nous étions donc en droit d’espérer un retour aux sources orales qui portent leur lot de sang, de cruauté, de symboles et de questionnements. Au lieu de cela nous nous sommes retrouvées dans un petit village rural perdu entre montagnes et forêts enneigées où Valérie, se voit fiancée à un jeune premier qu’elle n’aime pas, son cœur battant depuis toujours pour le ténébreux bucheron du coin. Passé cette romance à deux balles, nous apprenons que le village est menacé par une bête, qui vient en dévorer les habitants. Manque de pot, quand la pleine lune se lève c’est Lucie, la sœur de Valérie qui se fait zigouiller. Les villageois en colère décident donc de traquer le grand méchant loup qui s’est transformé en garou pour l’occasion.
Mais où sont donc le panier, les grands yeux, les grandes oreilles et les grandes dents ? Où sont passés la course avec le loup pour arriver le premier chez mère-grand et la symbolique des deux chemins ?
Nous retrouvons bien quelque uns de ces éléments, par petites touches à droite à gauche, comme un prétexte pour pouvoir donner son titre au film. Les plus avertis retrouveront même quelques clins d’œil à différentes variantes (les pierres dans le ventre du loup, l’aspect cannibale ou bien la référence aux trois petits cochons). Mais voilà. Ce ne sont pas quelques bribes de contes disséminées de-ci de-là qui font d’une histoire un conte. Le scénario reste en surface et se complait dans la mièvrerie ne donnant pas de place aux véritables symboliques que propose le conte. Nous pouvons certes découvrir un jeu sur les couleurs attribuées aux personnages : le rouge réservé à Valérie, le jaune à l’amie qui trahie, le violet au clergé et le bleu à la grand-mère sage et fidèle. Cependant tout cela reste anecdotique et le manichéisme des personnages ne peut décemment pas rattraper le tir.
Reste la photographie qui sans être époustouflante propose une esthétique agréable et les costumes qui ne cassent pas trois pattes à un canard mais ont un certain charme.
En conclusion je conseillerais donc de passer votre chemin et de vous penchez plutôt sur l’adaptation de Neil Jordan du recueil d’Angela Carter La Compagnie des loups qui a certes ultra vieilli niveau effets spéciaux (attention les yeux, il y a risque de fracture rétinienne ! :-D) mais propose une vraie réflexion sur le conte. Quant aux aspects symboliques, vous pourrez les découvrir dans un ouvrage qui vaut vraiment le détour : La Clé des contes, écrit par Bernadette Bricout.
Sur ces quelques conseils je m’en retourne à ma bibliothèque et frémit de joie (mais un peu de peur aussi !) à l’idée de visionner cette année les deux adaptations de Blanche Neige : The Brother Grimm : Snow white réalisé par le talentueux Tarsem Singh (à qui l’on doit The Fall) et Snow white and the Huntsman réalisé par Rupert Sanders dont les premières images laisse penser qu’il va y avoir de la baston !
So, See you soon et restez branché sur le canal des fées.
- NOTE
- INFORMATIONS
-Réalisé par Catherine Hardwicke, écrit par David Johnson
-Avec : Amanda Seyfried, Gary Oldman, Lukas Haas, Virginia Madsen, Billy Burke, Michael Shanks, Julie Christie, Michael Hogan…
-Année de production : 2011
-Sortie DVD : 24 aout
-Durée : 1h40
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En même temps, la jaquette française du DVD vend son film de cette façon : « Un Twilight médiéval ». Voilà… tout est dit.^^’
Concernant le petit chaperon rouge, il y a le film d’animation « Jin Roh » sous titré « La brigade des loups » qui fait une très lointaine référence au conte.
Maintenant, il faut savoir que l’action se déroule dans un Tokyo parallèle (uchronie) en pleine ambiance mai 68 mâtiné de factions terroristes… Bref, on frise la guerre civile. La dernière fois que j’ai regardé le film remonte à loin et mes souvenirs peuvent s’avérer imprécis mais le héros fait partie des forces spéciales et est chargé d’intercepter les terroristes qui sèment le trouble en ville. Son unité s’appelle la brigade des loups. Suite à je ne sais plus quelles circonstances, il croise le chemin d’une jeune fille, avec une capeline rouge… voila, tout est (presque) dit. Mais dans mon souvenir, à part ces quelques repères, on est franchement très loin du conte. Si qqn a un avis, je serais ravi de l’apprendre.