
Pour avoir poussé au suicide la servante avec laquelle il avait fauté, un jeune héritier Wilhern condamna, en son temps, l’intégralité de sa lignée à être maudite. A partir de ce moment tout enfant qui naitrait fille se verrait affublé d’un visage de porc jusqu’à ce qu’elle soit aimée par un être de son rang. Le destin – aimant jouer à ce genre de choses- n’apporta que des fils aux mères Wilhern si bien que la vieille malédiction familiale finit par tomber dans les oubliettes jusqu’à ce qu’un beau jour Jessica Wilhern donne naissance à une fille dotée d’un faciès de cochon !
Terrifiés par la honte qu’une telle enfant jetterait sur leur famille, et ne pouvant rien faire pour y remédier, les parents de la petite Penelope décidèrent de l’enfermer et de la faire passer pour morte aux yeux du public jusqu’à ce qu’elle soit en âge de recevoir les prétendants au mariage qui la sauverait de cette infamie. C’est ainsi qu’elle grandit à l’écart dans sa jolie chambre et dans ses beaux vêtements, papa et maman Wilhern gâtant outrageusement l’enfant pour lui passer l’envie de resquiller par la porte de derrière à l’assaut du vaste monde…
De son côté, le journaliste Lemon, bien déterminé à percer à jour le secret de cette famille qu’il déteste, embauche un jeune aristo fauché afin de l’infiltrer dans la demeure et obtenir un cliché de Penelope.
Si l’histoire a tout de la comédie romantique plan-plan sur fond de conte de fée, le film de Mark Palansky évite tous les écueils du genre et s’avère plutôt fin et rusé. La distribution éclairée livre une prestation rafraichissante et émouvante ; Entre une Christina Ricci toujours parfaite, un James McAvoy des plus charmants, et un couple d’aristo rudement bien incarné par l’hystérique Catherine O’Hara et le placide Richard E. Grant, on est au spectacle et l’on ne s’ennuie pas !

Mais le plus jouissif dans ce film c’est sa direction artistique. Décors, costumes, musique : tout est mis en œuvre pour nous plonger dans un univers stylisé à mi-chemin entre un Fabuleux destin d’Amélie Poulin et un Alice in Wonderland Burtonnien, où le violet, le vert, et le rouge s’entrechoquent sur fond de Londres revisité. J’ai immédiatement été séduite par la chambre de Penelope avec ses murs verts, son arbre rouge, ses fenêtres peintes et sa multitude de terrariums et d’objets vintage parmi lesquels on compte bon nombre d’ustensiles de couture. Un œil averti pourra distinguer sur le mur où repose son miroir sans teint plusieurs tableaux de la série « The Meat Show » de Mark Ryden, subtilité qui en regard des thèmes abordés dans le film méritait d’être soulignée. Ce petit trait caché d’ironie n’est d’ailleurs pas l’unique référence aux foires aux monstres et aux apparences trompeuses – la plus évidente étant probablement le choix d’un acteur « nain » pour incarner le journaliste qui pourchasse « la fille-cochon ». En outre, le film est joliment réalisé, multiplie les mises en miroir et les images poétiques, créant différents niveaux de profondeur au sein de l’image. Des tableaux dans le tableau.
En définitive, Penelope est un joli film sans prétention doté d’un bon sens artistique. Un conte de fée moderne qui a le mérite d’être original sur bien des points et de remplir son honnête mission de divertissement en se permettant une petite touche supplémentaire d’esprit et de fabuloserie.
Un de ces films qui passent inaperçu lors de leur sortie en salle mais qui font les petites pierres précieuses des vidéothèques.


- NOTATION
- INFORMATIONS
-Réalisé par Mark Palansky, photo de Michel Amathieu.
-Écrit par Lesly Caveny.
-Musique de Joby Talbot, costumes de Jill Taylor.
-2006, USA (sortie française en 2008).
-Édition 1 DVD, zone 2, TF1 video, 2009.
-1h40
-Avec : Christina Ricci, James McAvoy, Catherine O’Hara, Peter Dinklage, Simon Woods, Richard E.Grant, et Reese Witherspoon.
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Je me souviens l’avoir vu par le plus grand des hasard quand il est passé sur Canal et je n’ai pas été déçue par ce petit détour aussi féerique que rafraichissant. Je me le prendrais bien en dvd pour le revoir un de ces quatre.