L’épouse de bois, T.Windling

par Clémence

epouse

Voir les coups de coeurC’est la deuxième fois en deux ans que je dévore, plus que je ne lis, ce roman avec pour objectif d’en faire une chronique. Et c’est la deuxième fois que je ne sais que dire, par où commencer, comment retransmettre avec justesse l’ambiance de ce livre ou les sentiments qu’il a fait naitre. Après avoir laissé passer un mois au moins me revoilà devant l’écran afin de retranscrire tout cela histoire de ne pas recommencer ma lecture l’année prochaine et de me retrouver une nouvelle fois devant une page blanche et une chronique qui ne veut pas s’écrire !
Avant d’ouvrir les pages de L’Épouse de Bois, je connaissais le travail de Terri Windling en tant qu’anthologiste et auteure d’articles sur le folklore et les contes (Journal of Mythic Art // Endicott Studio) mais pas encore en tant qu’auteur de fiction. Je me doutais qu’avec autant de connaissances sur la Féerie son roman serait au moins une agréable lecture, au plus deviendrait un indispensable sur mes étagères. Et je n’ais pas été déçue, tant sur l’originalité que sur la magie et la force dégagés par ce texte qui nous conte l’histoire de Maggie Black, écrivain et auteure d’études sur la poésie. A la mort de Davis Cooper, ami et poète avec qui elle entretenait une correspondance épistolaire, celui-ci lègue tous ses biens à Maggie, dont sa maison perdue dans un coin d’Arizona où il passa la fin de sa vie, reclus du monde et du milieu littéraire. En décidant de s’installer là-bas, Maggie pensait mettre de l’ordre dans les affaires de son ami puis retourner à sa vie urbaine. Mais c’était sans compter les mystères autour de la mort de Cooper et les étranges créatures qu’elle allait rencontrer dans ce désert où l’on ne pense pas trouver le Bon Peuple et son envoutante magie. Pourtant c’est entre les cactus saguaros, accompagné par les coyotes dans la chaleur des jours et la fraicheur des nuits que se joue ce roman.
J’y ai été transporté en un instant, découvrant une féerie tout en clair-obscur où trickster, homme cerf, être mi-femme mi-lapin ou coyotes se transformant en humains, habitent un paysage que nous n’avons pas souvent l’habitude d’associer à la Féerie qui se dessine plus généralement dans les forêts profondes, les bocages ou auprès des rivières. Mais dans les Rincons (région aride et désertique près de Tucson) aussi sommeillent les esprits de l’eau, de la pierre ou de l’air et tout comme les fées de chez nous, il est possible parfois de les voir, de les approcher, d’être le jouet de leurs tours et de leurs caprices. Traverser d’un souffle d’animisme, toutes ces créatures, gardiennes d’une contrée encore sauvage, nous transmettent l’envie de se battre encore pour notre Terre, d’en préserver les ressources et les beautés. Elles nous disent aussi que malgré les horreurs, l’Homme a sa place parmi les gardiens de cette Terre car il est aussi capable de faire le bien et de représenter ou de créer le beau notamment à travers l’art, la musique et la littérature. L’importance vitale de ces arts traverse le roman de part en part associée à une interrogation que chacun aura certainement déjà eu,  sur l’interprétation que nous faisons d’une œuvre en fonction de notre connaissance de son auteur et de son histoire.
Terri Windling, non contente de nous livrer un roman féerique envoutant, nous apporte en plus de cela de quoi faire tourner nos méninges sur le monde qui nous entoure et franchement quoi de plus intéressant ?

  • NOTE
    *****
  • INFORMATIONS

-Texte de Terri Windling inspiré par les peintures de Brian Froud et plus particulièrement de «  Redlead Mask Woman » (en couverture)
-Traduction de Stéphan Lambadaris
-Soft cover, Les Moutons électriques, 2010
-316 pages

Publié le 02 juillet 2011

7 commentaires pour cet article :
  1. Il traîne sur mes étagères depuis très longtemps, celui-là et je compte bien le dévorer cet été! Ta belle chronique, en tout cas, me le fait passer dans les lectures estivales prioritaires ! :)

  2. Magali le 2 juillet 2011
  3. Bah moi aussi je l’ai depuis un certain temps, ta chronique me donne envie de m’y mettre enfin !!

  4. Carine le 2 juillet 2011
  5. N’hésitez pas à vous jeter dedans toutes les deux. C’est du bonheur :-)

  6. Clémence le 2 juillet 2011
  7. J’adore ce livre, je viens aussi de me le relire (en anglais, la langue est de telle beauté) pour la quatre-cinquième fois et l’enchantement court toujours ! Ah, le lien de la terre à l’art, et au mythe, de l’humain à l’animal au tout… <3
    The Wood Wife et le Medicine Road de Charles de Lint : deux romans qui m'ont carrément fait tomber amoureuse à distance du désert de Sonora et des environs de Tucson :))
    One of my all-times fav' ! (idem pour le poème de Maggie Black qu'elle dit dans les dernières pages, ah, j'aime)

  8. Hélène le 3 juillet 2011
  9. Je pense que pour la prochaine lecture je me le prendrais en anglais. La trad n’a pas l’air mauvaise mais il y a pas mal de coquilles dans la version « Moutons ». Et puis c’est tellement agréable de pouvoir apprécier le style de l’auteur et les sonorités de la langue dans leur versions originales!

  10. Clémence le 3 juillet 2011
  11. @Clem : j’ai vu lors de mon dernier passage en librairie qu’il venait de ressortir en poche, peut-être y aura-t-il eu un p’tit décoquillage bien utile à cette occasion (j’espère !)
    + ∞ sur la saveur irremplaçable de la version originale (même si je suis toujours heureuse de voir les oeuvres que j’aime circuler en traduction, pour peu que la dite trad’ – et la couv’ – soit du bon ouvrage – rien que pour le plaisir de glisser le livre dans les pattes des potes ^^)
    (pas vu la VF sur ce roman, donc, si ce n’est très fugacement dans l’édition de poche – j’suis pas allée très loin, parce que j’ai bloqué direct et net sur le choix de traduire Trickster par (si ma mémoire me trompe pas ?) « Truqueur » ? chais pas, le terme anglais, et le mythe qu’il recouvre, me semble avoir bien plus de nuance et de subtilité que ça :S Bon, la trad’ ne se réduit pas à ce choix, certes, et c’est à peu près tout ce que j’en ai vu – juste assez pour retourner à l’anglais, quoi :D)

  12. Hélène le 3 juillet 2011
  13. Moi non plus je n’aime pas cette traduction de Trickster en Truqueur, mais il me semble que ce n’est pas la première fois que je vois cette trad’ pour ce mot.
    En tout cas je reste sur mon idée de le lire en anglais, même si c’est vrai que le fait que ce genre d’ouvrage soit traduit donne l’occasion de le refiler aux amis ^^

  14. Clémence le 5 juillet 2011
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