Tristan et Iseut, Béroul

par Magali

Tristan et Iseut, Béroul

Tristan et Iseut… cette légende rattachée au cycle arthurien est connue de tous.  Elle nous conte comment Tristan, gravement blessé après avoir tué le géant Morholt, échoue sur les côtes d’Irlande où il est guéri par Iseut, fille du roi. L’oncle de Tristan, le roi Marc, cherchant une épouse, Tristan retourne en Irlande y conquérir la main d’Iseut pour son oncle en abattant un dragon.  Hélas, sur le chemin qui les conduit vers Marc, tous deux boivent par erreur le philtre d’amour que la mère d’Iseut avait préparé afin de consolider la future union. Tristan et Iseut tombent fous amoureux l’un de l’autre. Iseut épouse Marc, mais trois de ses barons n’auront de cesse de dénoncer son amour coupable pour Tristan. Le couple échappe de peu à la mort, obtient rédemption grâce au repentir de Tristan et au serment ambigu d’Iseut, lors d’une joute au Gué Aventureux. Tristan, exilé, épouse une autre demoiselle et, plus tard, reçoit une blessure grave lors d’un combat contre un géant.  Un ami part chercher Iseut, seule capable de la guérir. Il est convenu que si elle accepte de venir, la voile du navire sera blanche, dans le cas contraire, noire. L’épouse de Tristan, jalouse, lui fait croire que la voile est noire. Tristan meurt et, lorsqu’Iseut arrive, elle meurt de chagrin.

Béroul, auteur médiéval, est l’un des nombreux auteurs qui ont relaté l’histoire tragique des deux célèbres amants.
Dans l’introduction de cet ouvrage, on apprend que le texte de Béroul est l’un des plus anciens fragments écrits de l’histoire de Tristan et Iseut. Il nous est aussi expliqué qu’un seul manuscrit de ce texte existe encore aujourd’hui, à la Bibliothèque nationale de France. C’est sur ce manuscrit que Philippe Walter s’est basé pour nous livrer cette traduction en français moderne.
C’est donc avec intérêt que j’ai ouvert le livre. Lire, en français moderne, une des plus anciennes versions du mythe! Un retour aux sources prometteur…

Le roman commence de façon abrupte : les deux amants ont été découverts, et le roi Marc part les espionner alors qu’ils ont convenu d’un rendez-vous près de la fontaine, afin de les surprendre.  Ce début amputé est dû au fait que le manuscrit de base est abîmé : il lui manque le début et la fin. Comme je connais bien le mythe, je me plonge rapidement dans l’histoire, pas dérangée par cette amputation de l’épisode du philtre ou autres aventures antérieures que l’introduction a pris soin de rappeler. Le texte se révèle être un véritable petit roman passionnant!
J’ai suivi avec intérêt les différentes mésaventures de Tristan et Iseut, leurs ruses pour se tirer de plus d’un mauvais pas. Que je connaisse déjà sur le bout des doigts l’histoire n’enlève rien au plaisir de lire le traitement que Béroul a effectué sur la légende. Il affectionne le double langage, les phrases équivoques. C’est particulièrement flagrant dans l’épisode du Gué Aventureux, où la grivoiserie n’est pas loin! Et ce sous les yeux du roi Arthur en personne, venu soutenir Iseut lors de son serment. Voilà qui apporte une touche d’humour au mythe si majestueux. Le texte se termine aussi abruptement qu’au début, en raison de l’amputation du manuscrit.
Plusieurs fois dans le texte, des blancs sont signalés, là où le texte d’origine est fragmentaire ou illisible.  Si, parfois, cela ne  gêne en rien la continuité de l’histoire, à d’autres moments cela s’avère très frustrant.
Un petit et intéressant dossier, à la fin du roman, permet d’en savoir plus sur l’écrit de Béroul, sa particularité d’écriture par rapport à d’autres auteurs médiévaux, ainsi que sur les reprises de la légende de Tristant et Iseut, de nos jours.

Le Tristan et Iseut de Béroul, malgré ses blancs et ses amputations, est un classique à découvrir si l’on veut remonter aux sources de la célèbre légende

  • NOTATION
  • INFORMATIONS
    - Béroul
    - Editions Le Livre de Poche, 2001, couverture souple
    - 159 pages
    - Disponible en réédition

Publié le 21 octobre 2009

2 commentaires pour cet article :
  1. Aaahhh les bons souvenirs du bac L !
    J’avais adoré travailler sur ce livre qui est un véritable roman moderne.
    Le fait que le texte soit parcellaire pousse à la découverte plus que ne gêne la lecture.
    Vraiment un livre à découvrir qui se lit facilement.

  2. Clémence le 22 octobre 2009
  3. Ah ah! Le voilà ;) Je savais bien que je devais pas mettre ma main au feu :D ouf!
    Très belle chronique évidemment ;)

  4. Nainië le 27 octobre 2009
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[...]Les ingrédients se mélangent les uns aux autres pour former un tout cohérent, visuellement beau (le graphisme et la présentation générale de la revue sont magnifiques), fort bien documenté et très agréable à lire.
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