
Rééditée en miniature dans la collection La Bibliothèque illustrée, la gigantesque première édition de Démons et Merveilles. Fées, Lutins, Sorcières et autres créatures magiques, se transforme en 2006 en un livre aux allures de micelle païen et merveilleux. Abondamment illustré de gravures, d’illustrations anonymes ou d’œuvres de Rackham, Bilibine, Doré, Fitzgerald et bien d’autres ce petit ouvrage accroche l’œil et invite à pénétrer dans l’Autre Royaume, à découvrir le Bon Peuple de manière attrayante et colorée à travers l’image.
Coté Texte, Edouard Brasey, connu pour ses Encyclopédies du Merveilleux est à la plume. Son introduction, met en place le découpage du livre rattaché aux saisons et évoque brièvement dans chaque partie les fêtes de Jul, Samhain, Beltaine. Présentant de manière générale les êtres féeriques, il les rattache aux éléments et propose une distinction un peu basique entre les bons et les malveillants, opposant par exemple les « fées bienveillantes du mois de Mai » : représentation élisabéthaine où les fées sont miniaturisées, sans grand danger pour l’homme et le plus souvent sans particularité distinctive (exceptés Titania, Puck, Obéron ou Mab, personnages immortalisés par Shakespeare que l’on retrouvera dans la partie été de ce livre) aux « sorcières d’Halloween » et autres Feux Follets égarant le voyageur durant les nuits froides de novembre. Or nous savons que cette séparation bien / mal mise en place par l’homme, n’est autre que le reflet de notre propre système de valeurs qui ne s’applique guère au Bon Peuple, connu pour son absence de moral.
Suite à cette présentation, nous entrons dans le vif du sujet avec une première partie consacrée au printemps. Comme écrit plus haut la plupart des fées et même les elfes présentés ici sont miniatures et enfantins. A leurs côtés, les Tuatha de Danann, issus du folklore celte Irlandais, font leur apparition sans que l’auteur nous donne de réelles explications sur leurs liens avec les fées précédentes. Agrémenté d’extraits de Paracelse, Walter Scott ou Robert Kirk nous découvrons aussi l’origine des fées, comment entrer en Féerie ou encore l’inévitable Ballade de Thomas le Rimeur. Puis après l’histoire de La Fée de la Primevère nous voici glissant tout doucement vers l’été abordant principalement les créatures de l’onde et les apparitions fantomatiques. Sirène, Ondine, Nixe, Naïde, lavandières, Dame Blanche, Banshee toutes ces femmes ensorcelantes ou prédicatrices de mort sont mises en lumière avant de s’aventurer dans la «saison sombre » et automnale essentiellement consacrée aux nains et aux géants. Le folklore se mêle à la mythologie nordique, tandis que les ogres et croque-mitaines trouvent quelques lignes pour se présenter avant de passer à la saison froide où un melting-pot de créatures se croisent, allant du Brownie au dragon en passant par le troll et Dame Holle…
Ce mélange de la partie finale illustre bien la teneur globale de ce livre où il est question d’un grand nombre de créatures mises les unes à côtés des autres, sans apporter d’autre fil rouge que celui bien ténu des saisons. Les informations sont certes cohérentes et puisées dans le folklore, elles n’en restent pas moins légères pour l’amateur ayant déjà parcouru les essais de Lewis Spence ou les dictionnaires de Katharine Briggs. Reste donc un livre agréable à feuilleter qui contentera peut être les novices.
- NOTATION
- INFORMATIONS
-Textes d’Edouard Brasey.
- Hardcover, Editions du Chêne. 22 mars 2006
-311 pages
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Je pensais l’acquérir un jour, mais du coup je vais garder mes sous pour quelque chose de plus consistant! ^^’
C’est plus avisé en effet si tu souhaites un livre qui t’apporte des informations que tu ne connaisses pas déjà !