
Figures de la femme arthurienne dans la peinture et dans l’illustration
La légende arthurienne a engendré de nombreuses représentations picturales et architecturales parfois très anciennes. Dans la peinture et dans l’illustration, la période la plus prolifique en termes d’imagerie arthurienne va du milieu du 19ème siècle au début du 20ème siècle. C’est en ces temps qu’officient les grands artistes qui inspirent nos illustrateurs d’aujourd’hui : les Rackham, Duncan, Doré, ainsi que les préraphaélites Rossetti, Burne-Jones, Dicksee, ou le tardif Waterhouse.
Pendant que certains s’essayent à la fairy painting, ces artistes redécouvrent les mythes antiques et la littérature médiévale, notamment La morte d’Arthur de Thomas Malory –malheureusement pour le sujet qui nous intéresse puisque celle-ci s’appuie sur des textes de moines cisterciens du 13 ème siècle qui ont donné à la femme arthurienne une très mauvaise réputation. Mais Malory a ajouté dans son œuvre des personnages jusqu’alors inconnus ou simplement anecdotiques qui vont enflammer les préraphaélites : Tristan, Iseult, et Elaine d’Astolat. Cette dernière inspire d’ailleurs à un grand poète anglais du 19 ème, Alfred Tennyson, le célèbre The Lady of Shalott. Tennyson livre aussi sa ré-interprétation des textes de Malory dans ses non moins célèbres Idylles du roi. Ce sont ces trois œuvres majeures qui sont à l’origine de la production picturale arthurienne de cette époque, à laquelle j’ajouterai le poème de John Keats, La belle dame sans merci, contemporain des œuvres de Tennyson bien que n’appartenant pas à la légende, et dont les représentations dans la peinture préraphaélite vont enrichir cette exposition.
On retrouve dans la légende trois grands archétypes féminins sous la bannière desquels on peut ranger un certain nombre de personnages. A chacun de ces archétypes est attribuée une galerie de peintures en couleur plus ou moins classées selon l’évolution des héroïnes. Prenez connaissance des titres qui vous orienteront chronologiquement au sein des évènements de la légende. A la fin de votre visite, vous trouverez un index des artistes, une bibliographie des sources qui m’ont aidée à écrire les commentaires des galeries, ainsi qu’une liste des ressources visuelles.
Cliquez sur les bannières pour entrer dans les galeries ou sur les liens ci-dessous. 50 peintures par 29 artistes vous attendent.
Galerie 1 : La reine de mai
Galerie 2 : L’enchanteresse
Galerie 3 : La belle morte

Guenièvre – Iseult
Guenièvre et Iseult sont des figures similaires dans la tradition arthurienne. Elles appartiennent aux mêmes mythèmes d’origine celtique et sont le centre d’un triangle amoureux qui, dans un cas comme dans l’autre, se termine relativement mal. Mais si Guenièvre est sauvée, Iseult est sacrifiée sur l’autel de l’amour impossible et coupable. On n’oublie pas que la plume ayant transmise la légende est chrétienne, et que, à l’inverse de Guenièvre, Iseult appartient à une lignée de magiciennes détentrices de secrets. Elle ne perdra d’ailleurs jamais vraiment cette aura surannée et cette connexion avec le terreau irlandais dont elle est issue (voir le magnifique portrait de Sir Frank Dicksee), tendis que la femme d’Arthur deviendra le porte-parole moderne de l’amour courtois. Cette différence est notable dans les représentations qui sont faites des deux personnages.
Avec Guenièvre et Iseult, le même schéma mythique se dessine : celui de l’enlèvement de Persephone par le dieu des Enfers. Les deux femmes endossent le rôle de souveraineté printanière et ponctuent par leurs disparitions le cours des saisons et du récit. Le triangle amoureux est lui-même un reflet de cet affrontement entre le roi de l’été (Tristan, Lancelot) et le roi de l’hiver (Marc, Arthur) pour celle que l’on nommera la Reine de Mai. Affrontement qui n’est pas sans rappeler aussi la légende de Bride. Celle-ci raconte comment un jour du mois de mars Angus, le roi de l’île verte, délivra Brigit qui avait été prisonnière de sa mère, la Cailleach Bheur, pendant tout l’hiver. On retrouvera aussi le thème de l’affrontement saisonnier pour la souveraineté dans Yvain ou le chevalier au Lion de Chrétien de Troyes.
Le rôle des deux femmes est aussi d’encourager le jeune chevalier, ce qui est souvent illustrés par des représentations de Guenièvre aux tournois, mais aussi par les peintures de Tristan et Iseult buvant le philtre d’amour. Au delà de la légende amoureuse des deux personnages, l’acte féminin d’offrir la coupe au chevalier est significatif.
En tant que souverainetés printanières Guenièvre et Iseult sont souvent représentées avec des fleurs dans les cheveux ou à proximité d’elles. On retrouve tout à fait cette image dans le tableau de John Collier (Queen Guinevere’s maying). La première, souvent blonde, est la plupart du temps vêtue de blanc et représentée comme pure et chaste. C’est là le critère majeur qui l’oppose à Iseult, systématiquement vêtue de rouge et/ou de rose. La sémantique des couleurs et l’origine des deux personnages peut expliquer ce choix.
Le rose est bien sur représentatif de tendres sentiments. Le rouge est la couleur de l’amour-passion mais a aussi valeur d’interdit. Dans la peinture chrétienne, il est la couleur des martyrs ET des pécheresses. Mais le rouge c’est aussi la flamme dévorante de la rubedo alchimique, à la fois précurseur de la fin tragique des amants mais aussi de leur sublimation. La peinture de John William Waterhouse (Tristan and Isolde) prend alors des airs de mariage entre le souffre (l’œuvre au rouge, Iseult) et le mercure (l’œuvre au blanc, Tristan) car Tristan et Iseult sont avant tout des amants magiques. Le féminin et le masculin de part et d’autre de la coupe est aussi un symbole alchimique. Mais l’alchimie est une science compliquée que je n’évoquerais ici que pour indiquer une piste d’étude de la symbolique arthurienne et principalement celle du couple Tristan-Iseult.
Ces représentations contribuent à faire de Iseult un personnage plus tragique et passionné que Guenièvre.
Morgane – Viviane – La belle dame sans merci
Voici dans cette seconde catégorie les deux figures les plus controversées de la légende. Contrairement à Guenièvre et à Iseult, elles ne fusionnent pas dans un rôle identique même si elles ont subie toute les deux le même traitement.
Comparé à Viviane, Morgane est un personnage ancien dans la légende. Dans les premiers textes elle était entièrement positive, guérisseuse des chevaliers, sa diabolisation est tardive et correspond à l’arrivée de Viviane dans les textes. Toute les deux semblent alors développer des caractéristiques picturales relativement similaires : Elles sont toutes les deux rousses, plus rarement brunes, et sont souvent représentées avec un livre symbole de leur qualité d’élève de Merlin et de leur connaissance de l’art de la sorcellerie. On les associe aussi de façon moins équitable avec le serpent. Leurs couleurs sont le vert, le bleu, et le noir.
Morgane est dans La morte d’Arthur la traitresse par excellence. Elle subtilise Excalibur et son fourreau magique et est donc souvent représentée à proximité de l’épée, s’en saisissant ou la jetant. Elle est reine d’Avalon et porte quasi systématiquement une couronne. Dans l’épisode où elle kidnappe Lancelot qu’elle convoite, elle apparaît comme manipulatrice et capricieuse. A cette occasion, et très souvent lors de son apparition dans la légende, elle est associée à une triade Avalonnienne que l’on retrouve dans quatre de nos tableaux (ceux de Cowper, Flint, Archer, et Duncan). Elle est presque exclusivement vêtue de vert vif et/ou de noir.
Le vert est une couleur ambigüe. Vif, il incarne la jalousie et le diable, il menace. Les teintures qui permettaient de fixer la couleur verte contenaient autrefois des poisons dangereux pour la peau, d’où son aura négative. Mais le vert est aussi la couleur de l’espoir et l’on sait que Morgane vient chercher Arthur à la fin de sa vie pour lui offrir le repos de l’île des pommes, acte d’amour que ne lui ont pas ôté les moines cisterciens. Le noir est souvent associé au vert dans l’alchimie, constituant le début de l’œuvre. Dans la psychologie jungienne il renvoie aux incestes divins, et l’on sait qu’Arthur a fauté avec sa sœur (Morgawse/Morgane), mais il est surtout représentatif d’une connaissance de l’Autre Monde, et de l’Art nécromant que maîtrise Morgane. C’est aussi la couleur de la corneille, volontiers associée à la déesse Morrigan réincarnée dans Morgane.
Viviane, Niniane, ou Nimue est, elle aussi, souvent vêtue de vert. Son autre couleur est le bleu. De par son apprentissage auprès de Merlin, elle est elle aussi relié à l’Art et le bleu représente la spiritualité aussi bien que l’érudition. C’est aussi la couleur de la Dame du lac avec qui la figure de Viviane finira par se confondre. Mais Viviane est avant tout une vierge chasseresse. Elle est Diane, Artémis, non pas Morrigan. La peinture la représente donc souvent vêtue d’une peau de bête, accompagnée d’un arc, parfois d’une biche. Notons que Sandys représente Morgane avec une peau de bête également pour exprimer son côté sauvage, ce qui la rapproche de la figure de Viviane.
Cette Nimue est dépeinte comme une ingénue perverse, coquette, parée de serpents (Burne -Jones lui en met dans les cheveux à l’image de la sorcière grecque Méduse), souvent en position surplombante, dominant Merlin, sauf chez Doré où elle adopte une position similaire à La Belle dame sans merci de Waterhouse. Il se dégage un certain romantisme de cette illustration et, chose rare, de l’amour et de la tendresse dans le visage que Viviane adresse à Merlin. Car le vieux sage se serait-il vraiment laissé berner par une jeunette perfide ? Après une vie d’apprentissage, l’élève n’aura pas que rancœur pour son maître.
Les peintures de La belle dame sans merci illustrent bien l’aspect séducteur et dangereux de ces deux figures d’enchanteresses, que l’on identifie volontiers à des fées fatales. La chose est très flagrante chez le personnage de Viviane quand on compare la façon dont elle est présentée avec les peintures de la fée du poème de Keats. Il convenait aussi d’ajouter à ce panorama d’enchanteresses La tentation de sir Perceval par Arthur Hacker. C’est la deuxième fois dans cette galerie que l’on retrouve le Graal (Il est aussi présent dans The death of Arthur de James Archer, dans les mains d’un ange invisible au dessus de la pleureuse), et bien qu’il éloigne les chevaliers de leur quête d’exploits et d’amour, la peinture ne semble pas vouloir le dissocier des puissantes figures féminines du cycle, rappelant ainsi les origines païennes de la coupe.
Elaine d’Astolat – The lady of Shalott
Voici la belle Elaine, descendant la rivière vers Camelot où se trouve Lancelot, celui pour lequel elle s’est laissé mourir. Voilà ce qu’il arrive de s’éprendre du chevalier le plus inflexible qui soit…
En route pour un tournoi organisé par Arthur à camelot, Lancelot fit halte à Astolat où il fut hébergé par Messire d’Astolat. Sa fille, Elaine, dite « La pucelle d’Astolat », s’amouracha immédiatement du preux et l’implora de porter ses couleurs au tournois. Elle conçu donc une bannière pour son bouclier (ou une manche) que Lancelot accepta de porter. Il revint du tournoi sévèrement blessé et Elaine le veilla et le soigna longuement. Chaque jour son amour grandissait mais quand Lancelot fut rétabli et voulu retrouver la cour (et Guenièvre), Elaine en eu le cœur brisé. Rien n’y fit, le chevalier quitta Astolat et Elaine se laissa mourir de faim. Sa dernière requête fut que son père dépose son corps sur une barge recouverte d’une soie noire et la laisse dériver jusqu’à Camelot où le roi, la reine et Lancelot pourraient y trouver une lettre qu’elle avait auparavant dictée à son père. Il est dit que Lancelot éprouva de vifs regrets et que la reine fut piquée de jalousie mais ça, c’est une autre histoire…
La voici donc, vêtue de blanc comme toujours, parfois associée au lis car on l’appelle aussi « The Lily maid of Astolat », rappelant son caractère virginal. Elle dérive sur une barque noire ou recouverte des soies noires évoquées par Malory, la lettre est coincée dans sa main. Dans certaines peintures on retrouve le bouclier de Lancelot, ou son corps est recouvert de la bannière qu’elle avait cousue pour lui. Elle dérive seule ou accompagnée d’un vieillard que l’on suppose être son père. Elle restera pour toujours au printemps de sa vie, figée dans la mort, figure immaculée.
Cette fable éminemment romantique eu tout pour séduire les préraphaélites et la figure de la jeune fille morte dérivant sur les flots n’est pas sans rappeler l’Ophélie de Shakespeare. Mais c’est davantage la réécriture de Tennyson qu’ils peignèrent, illustrant principalement la première moitié du poème, la plus étrangère à la légende arthurienne. Dans The Lady of Shalott, le personnage est plus âgé et brune. Enfermée dans une tour depuis des années et sous le joug d’une malédiction d’origine inconnue, elle est condamnée à ne pouvoir regarder le monde qu’à travers un miroir positionné en face de sa fenêtre. Jamais elle ne se retourne, tissant sur son métier le paysage qu’elle voit dans le reflet. Mais un jour un beau chevalier vient à passer et elle se jette à sa fenêtre pour découvrir Lancelot. La suite est à peu près identique à l’histoire d’Elaine D’Astolat. Ayant brisé le geis qui était sur elle, la dame de Shalott succombe au malheur : Lancelot épris de Guenièvre lui refuse son amour et elle se laisse mourir. On mettra son corps sur une barque qui dérivera…
Les représentations de la tisseuse devant son miroir ont quelque chose de fascinant et de mystique. Tennyson a apporté à l’histoire d’Elaine un goût de merveilleux avec cette malédiction et ce métier à tisser qui n’est pas sans évoquer les Parques grecques ou Pénélope la femme d’Ulysse, quand le fil et la tapisserie avaient un lien fort avec les puissances magiques gouvernées par les femmes. La peinture de William Holman Hunt riche en décors et en symboles est sublime. Elle exalte toute la magie de l’œuvre de Tennyson. Je la retrouve, pour ma part, dans l’œuvre plus récente de Kinuko Craft.
Voilà pour ce tour d’horizon Arthurien au féminin, j’espère que la promenade vous aura plus. N’hésitez pas à réagir sur le sujet, sur les peintures, et les artistes. Cette première exposition clôture la Semaine Arthurienne, rendez-vous dans quelques temps pour une nouvelle semaine thématique!
- Index des artistes :
Anserson, Sophie (1),
Archer, James (1)
Burne-Jones, Edward (1)
Collier, John (1)
Cowper, Frank Cadogan (3)
Dicksee, Sir Frank (2)
Doré, Gustave (2)
Draper, Herbert (1)
Duncan, John (2)
Flint, William Russel (4)
Ford, H-J (3)
Fortescue-Brickdale, Eleanor (5)
Fripp, Inès (1)
Grimshaw, John Atkinson (1)
Hacker, Arthur (1)
Hughes, Arthur (1)
Hunt, William Holman (1)
Leighton, Edmund Blair (3)
Mackenzie, Thomas (1)
Meteyard, Sydney (1)
Morris, William (1)
Pyle, Howard (2)
Rackham, Arthur (4)
Rhead, Louis (1)
Riviere, Briton (1)
Sandys, Frederick (1)
Speed, Lancelot (1)
Spencer-Stanhope, Roddam (1)
Waterhouse, John William (3)
- Ressources visuelles :
The Camelot project
Artmagick.com
Arthurian Legends Illustrated
Victorian artists of Arthurian Legend
Le site de Merlin
- Sources Textes:
Le morte d’Arthur, Thomas Malory
Les Idylles du roi, Alfred Tennyson
The lady of Shalott, Alfred Tennyson
La belle dame sans merci, John Keats
Yvain ou Le chevalier au Lion, Chrétien de Troyes
Les femmes dans la légende du roi Arthur, Marcel Brasseur
Les quatre branches du Mabinogi et autres contes gallois du moyen âge
Les peintures de La belle dame sans merci illustrent bien l’aspect séducteur et dangereux de ces deux figures d’enchanteresses, que l’on identifie volontiers à des fées fatales. La chose est très flagrante chez le personnage de Viviane quand on compare la façon dont elle est présentée avec les peintures de la fée du poème de Keats. Il convenait aussi d’ajouter à ce panorama d’enchanteresses La tentation de sir Perceval par Arthur Hacker. C’est la deuxième fois dans cette galerie que l’on retrouve le Graal (Il est aussi présent dans The death of Arthur de James Archer, dans les mains d’un ange invisible au dessus de la pleureuse), et bien qu’il éloigne les chevaliers de leur quête d’exploits et d’amour, la peinture ne semble pas vouloir le dissocier des puissantes figures féminines du cycle, rappelant ainsi les origines païennes de la coupe.
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Wow, ça c’est de l’expo ! Merci pour ça, toujours un plaisir de retrouver certaines toiles aimées, et de suivre les fils symboliques qui les rattachent entre elles…
Magnifique expo! Un ravissement pour les yeux, une joie de revoir les toiles connues et de découvrir les inconnues, et une analyse intéressante et passionnante. Chapeau bas, c’est du très beau travail!
Comme déjà dit ailleurs j’ai beaucoup aimé ton travail pour cette expo Anne. Le texte d’accompagnement est très intéressant, le parallèle avec l’alchimie très bien vue!
Bref je me suis régalée et j’espère que nos visiteurs apprécieront aussi!
Me suis régalée aussi, texte, sources, sélection, symbolique, tout y est, c’est une expo de qualité ! où l’on peut retrouver d’ailleurs un certain miroir… :-)
Bon, je suis toujours un peu surprise par la présence des colonnades antiques dans certaines toiles XIXe évoquant la légende arthurienne, mais cela donne une touche anachronique et donc un peu intemporelle, pas désagréable. Sinon, je suis encore impressionnée par les gravures incroyables de Gustave Doré, entre ses noirs, ses ombres, sa composition, je trouve qu’il y a une force démente là-dedans…
Merci pour ce beau voyage, qui poursuit l’éternel combat contre les clichés :)
Franchement, magnifique travail, analyse pertinente et fouillée des personnages féminins… et puis, j’ai pu découvrir et redécouvrir certaines peintures, ça fait plaisir! Cette première exposition de FD est une réussite ;)
Par contre, juste un truc qui me chiffonne :
« Mais Malory a ajouté dans son œuvre des personnages jusqu’alors inconnus ou simplement anecdotiques qui vont enflammer les préraphaélites : Tristan, Iseult »
Il me semble que l’histoire de Tristan et Iseult précède allègrement l’histoire de la geste arthurienne (genre deux siècles ou quelque chose comme ça avec Beroul, Thomas, la version retrouvée d’Eilhart, des versions qui se sont retrouvées chez les rois nordiques aussi oO…) – faudrait que je remette la main sur mon cours de littérature…
Là où ça rejoint ce que tu dis, c’est qu’à la période de la littérature courtoise, les personnages vont être reprit et absorbés par le cycle arthurien et vont devenir une image de l’amour courtois / interdit, alors que les premières versions de Tristan sont des gestes donc par définition guerrière où l’histoire d’Iseult n’est pas encore prédominante.
Mais après tout c’est pas vraiment le sujet, on est pas là pour un cours de littérature comparée hein :D, surtout que je mettrai pas ma main à couper que tu n’es pas au courant de l’existence de toute ces versions huhu :D…
En tout cas, ce fut un plaisir de lire tout ça ;)
Merci pour vos commentaires, je suis ravie que cette expo vous plaise! :)
@Nainië : les origines de l’histoire de Tristan et Iseult remontent à loin, tout comme celles de la légende arthurienne. Mais comme tu le précises ces textes ont été « retrouvés ». Il est évident que Thomas Malory est allé les pécher quelque part, mais leur histoire d’amour ne faisait pas partie intégrante des textes de la légende d’Arthur auxquels on se référait. Disons que c’est le premier à l’avoir intégré en entière dans un volume retraçant l’histoire de la table ronde. Et que ce n’est pas vraiment de Béroul dont les préraphaélites se sont inspirés ;)
Je n’ai pas dit que Malory l’avait donc inventé. Mais qu’avant lui (Malory=15eme siècle), elle était anecdotique au sein du corpus arthurien car c’est principalement de ça que l’on parle ici. L’histoire de Tristan et Iseult a toujours été « à part ». ;)
Yep :D C’est bien ce que je pensais, t’inquiète ^-^
Pfff j’ai loupé l’expo à la bnf :s ça s’est mal goupillé >Q< Suis un brin dégoutée :(
[...] Je vous conseille de lire à ce sujet la très belle exposition virtuelle réalisée par FeesDivers.fr : « La Reine de Mai, l’Enchanteresse, et la Belle Morte« . [...]